La morue

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La Morue au Portugal

La méthode de salage portugaise

Au XIVe siècle, l’Angleterre et le Portugal signaient des traités qui portaient sur les échanges de sel contre de la morue.

Les peuples des pays nordiques disposaient de réseaux de commerce de morue séchée, et salée séchée, mais ces flux étaient limités et moins réguliers que ceux du réseau de commerce établi par les armateurs portugais, basques et britanniques, au XVIe siècle, lors des campagnes de pêche à la morue.

Les grandes navigations

Dès le XIVe siècle, il existait des indices qui indiquaient que, pour la première fois, des bateaux portugais pêchaient dans les eaux anglaises.

Dans leur tentative de trouver une route maritime vers les Indes par l’ouest, les Portugais avaient fini par atteindre Terre-Neuve, qui appartient aujourd’hui à la province canadienne de Terre-Neuve-et-Labrador. 

Aux XVe et XVIe siècles, dans les eaux de l’Océan Atlantique, avec les grandes découvertes, la morue est devenue l’aliment principal. Salé et séché, facile à transporter, « l’Amie fidèle » ne s’abîmait pas au cours de ses grands voyages autour de la terre et nourrissait tout l’équipage.

La morue aux XVe et XVIe siècles

Qui consommait la morue aux XVe et XVIe siècles ?

La morue faisait l’objet d’une consommation relativement transversale, bien qu’elle ait été plutôt le fait de la noblesse et du clergé. Il est également fait mention de la morue séchée dans les listes d’achats des hôpitaux et des Misericórdias portugaises (établissements de santé catholique).

Flotte de pêche à la morue

Pendant la période de mai à septembre, de grandes flottes de morutiers se trouvaient dans les mers de Terre-Neuve et du Groenland. On trouve des registres dûment documentés évoquant les embarcations et les campagnes de 1930 à 1976 dans le répertoire du Musée Maritime d’ílhavo.

Navire Morutier Creoula

Le Creoula reste un nom légendaire dans l’histoire de la pêche de la morue. Ce lougre portugais a fait son premier voyage le 10 mai 1937 et, jusqu’en 1973, il a effectué 37 campagnes dans l’Atlantique Nord. Un véritable symbole de l’histoire et de la culture du pays, il continue de fonctionner en tant que navire-école (NTM) pour la marine portugaise.

Dimensions

  • LONGUEUR: 67.40m; 
  • LONGUEUR DE FLOTAISON: 62.64m;   
  • MAÎTRE-BAU: – 9.90m;   
  • CREUX: 5.90m; 
  • TIRANT D’EAU 4.70m;   
  • HAUTEUR DE MÂT: 36.00m;   
  • SURFACE DE VOILE TOTALE: 1244m2. 

La pêche à la morue, également connue sous le nom de Faina Maior, a repris, de manière continue, au Portugal en 1872 par Bensaúde & Cia, et en 1885 par Mariano & Irmão, qui, contestant le monopole des importateurs, ont commencé à envoyer des voiliers à Terre-Neuve chaque année.

Curieusement, Riberalves achètera plus tard la totalité de la cargaison du navire Neptuno, appartenant à la société générale de pêche de l’actuel groupe Bensaúde. Le “Cash&Carry” qui était à l’origine de Riberalves approvisionnait également les flottes de navigation.

Pêche à bord d’un dori

Les premiers documents évoquant la pêche à bord d’un dori remontent à 1870.

Ils étaient petits, faciles à fabriquer et s’inséraient très nombreux dans le « bateau-mère ». 50, 60 doris pouvaient s’empiler. La pêche se faisait à la ligne durant des périodes qui dépassaient 10 heures par jour en haute mer. Les dangers étaient nombreux : Le retour avec le poids de la morue, les petites dimensions et la fragilité des doris, les tempêtes en haute mer et, ce que craignaient le plus les pêcheurs, les brouillards qui recouvraient les embarcations pendant de longues heures les empêchant de retrouver le navire morutier.

L’État nouveau et le retour à la mer

La campagne de pêche à la morue accompagne la direction politique de Salazar ainsi que les principaux cycles économiques du régime. Les politiques d’approvisionnement furent conçues comme un instrument décisif chargé de renforcer l’État.

Toute l’opération était contrôlée par l’État qui fixait les prix, garantissait une main-d’œuvre bon marché et disciplinée (grâce à un recrutement coercitif dans les dénommées « Maisons de pêcheurs »), fournissait un financement à moindre coût aux navires et aux armateurs, et limitait les importations.

“L’objectif de l’État était de rendre la nourriture bon marché grâce à une protéine de grande consommation et qui soit un facteur de blocage des salaires et de financement de la paix sociale”.

(Álvaro Garrido, historien)

En 1942, un programme de rénovation de la flotte morutière a été mis en place, et celle-ci est passée de 34 (1934) à 77 navires (1958). Ainsi, en quelques dizaines d’années seulement, plus de 80 % de la consommation de la morue au Portugal était assurée par la production nationale.

Notre flotte de bateaux de pêche à la morue était si vitale que les hommes qui se portaient volontaires pour y travailler étaient exemptés du service militaire obligatoire. Le pêcheur de morue avait été élevé à la catégorie de héros de la patrie, le juste héritier des navigateurs qui avaient porté le nom de Portugal au-delà des mers.